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En chantant !

paru le lundi 18 septembre 2017

Il y a parfois un écart irréductible entre les aspirations et les préoccupations du terrain et les décisions qui tombent du ciel voire de Jupiter. La rentrée en musique en est l’illustration. Les semaines estivales auraient pu faire oublier cette annonce ministérielle mais si on en croit l’activité du compte twitter de Mme la Rectrice en ce 1er septembre, c’est bien cela qui a mobilisé le Staff académique. On pourrait trouver ça dommage, alors que d’aucuns d’aucunes, dans les établissements, se demandaient comment faire avec cet emploi du temps incompréhensible — ou comment annoncer à la 5°7 qu’elle n’aura pas de professeur d’anglais... Leur rétorquerait-on qu’ils sont animés par les « passions tristes » - voire névrosés ?

Certains au gouvernement semblent en effet vouloir donner le ton et, même si la partition a connu quelques couacs, les cantiques à la gloire du libéralisme sentent si fort la naphtaline qu’il est dur de se laisser bercer ! Ainsi, remise en cause des emplois aidés, sans autre alternative, baisse des APL, hausse de la CSG sans compensation pour les retraité-es et fonctionnaires : le souffle de la campagne présidentielle est bien retombé et les annonces du gouvernement s’enchaînent pour des économies de court terme. Et voilà les ordonnances qui réduiront les droits des salarié-es et des fainéants. Manifestement juguler la pauvreté, lutter contre les inégalités et la précarité ne sont pas des priorités : la politique sociale du Président Macron n’existe pas.

Le temps ne fait décidément rien à l’affaire. Qu’importe que des mesures injustes aient prouvé leur inefficacité, les voici de retour, à l’instar de la journée de carence pour les fonctionnaires. Pouvait-il en être autrement avec Darmanin, proche de Sarkozy, aux comptes publics ? Notre nouveau ministre, Blanquer, est lui aussi un proche de l’ex-président. Comme lui, il a mouliné une kyrielle d’annonces à la veille de cette rentrée, comme celles, visant à faire recruter les enseignant-es par les chefs d’établissement...

Dans les collèges, les lycées, les CIO, dans les services pu-blics, les dossiers ne manquent pas. Ce journal se propose de présenter les analyses du SNES et de la FSU sur certains “points chauds”. Adhérer ou ré-adhérer, participer aux stages de formation syndicale, c’est renforcer le SNES et sa fédération pour œuvrer à la construction d’un mouvement majoritaire et unitaire pour s’opposer aux régressions annoncées. D’ores et déjà, la FSU a proposé aux autres fédérations de fonctionnaires une journée de mobilisation dès octobre pour la reconnaissance du travail des agents de la Fonction publique, l’amélioration de leur rémunération et de leur déroulement de carrière.

Alors, à bientôt dans les cortèges, en chanson !