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Journal départemental

paru le jeudi 28 mars 2019 , par Olivier Provost

Au sommaire :
- Le point sur l’action dans les lycées du département
- La situation du collège Bienvenu-Martin
- La réforme de la Fonction Publique

Edito : Quand la Macronie perd la tête !

Code du travail, assurance chômage, hausse de la CSG, gel du point d’indice, état d’urgence dans le droit commun, réforme de la SNCF, Parcour’Sup… Il y a un peu plus, je vous le mets quand même ?! Destruction de la Fonction Publique, des lycées, école de la confiance, du socle, coupe des APL, suppression de l’ISF, privatisation d’Aéroports de Paris, réforme des retraites… On ne peut pas dire que le gouvernement ne fait rien ! Il réforme tous azimuts, sans pause, comme un bulldozer antisocial écrasant l’opposition et les affaires de plus en plus nombreuses qui devraient le ralentir. Quand la machine s’emballe puis se grippe cet hiver, on organise un grand débat en mode campagne électorale pour les européennes, on gagne du temps, on fait le paon, on promet, on sermonne, on méprise quand même un peu puis ça repart. Le gouvernement a la tête dans le guidon et enfonce celle du peuple dans le seau à coup de com’ ou de flashballs !
Taisez-vous, on réforme, on fait enfin rentrer la France dans le XXIème siècle…même si cette politique ultralibérale ressemble quand même beaucoup à ce que l’on a pu connaître aux siècles précédents… Elle est doublée d’une incroyable brutalité contre toute forme d’opposition avec l’usage intensif de la violence, dénoncée par la commission des droits de l’Homme de l’ONU. Et maintenant, Macron envoie l’armée face aux manifestants ! Il aura réussi à « disrupter » Pinochet...

Mais ce printemps 2019 doit nous permettre de relever la tête car le temps presse. La destruction est en marche…

L’urgence est d’abord climatique. Les choix d’aménagement du territoire, de mode de production agricole, industriel ou de transport ont conduit le monde dans une impasse dont les effets se font déjà sentir. Le succès de la dernière marche pour le climat ayant réuni presque 1000 personnes dans l’Yonne prouve que ce sujet est une préoccupation grandissante dans l’opinion. C’est le cas particulièrement chez nos élèves qui s’inquiètent pour leur avenir. La jeunesse est en première ligne avec le lancement de la grève pour le climat du vendredi. Mais, une fois n’est pas coutume, le gouvernement semble beaucoup moins pressé sur ces questions. La pétition en ligne « l’Affaire du siècle » qui a réuni déjà plus de 2 millions de signatures attaque même l’Etat français pour « inaction climatique ».

Certains politiques, à dessein, ont allègrement repris la formule toute faite et l’opposition « fin du monde, fin du mois ». La présence des gilets jaunes dans les cortèges des marches pour le climat montre que les gens ne sont pas tombés dans ce panneau. L’urgence sociale complète l’urgence climatique. Et Macron pendant ce temps est sur le point de lancer une nouvelle phase de la destruction du modèle social français. Les premiers projets concernant la réforme des retraites ou de l’assurance chômage confirment les inquiétudes déjà exprimées ici, à savoir le changement de philosophie où la communauté solidaire est écrasée par l’individualisme libéral. Cette façon de voir les choses est visible aussi dans les réformes des lycées, dans Parcour’Sup mais aussi dans les attaques contre la Fonction Publique. La défense collective de nos droits est menacée ainsi que notre statut de fonctionnaire-citoyen.
Comme si cela ne suffisait pas, dans l’éducation, la fameuse « école de la confiance » veut inscrire une « obligation de réserve » de l’enseignant. Se défendre collectivement sera difficile et deviendra impossible individuellement.

Tout cela est évidemment inacceptable et tous ensemble, syndiqués ou non, gilets jaunes ou non, stylos rouges ou non, enseignants, parents d’élèves, élèves, nous devons refuser cette société-là. Unissons nos efforts sous peine de tous perdre chacun dans son coin. Saisissons-nous de toutes les opportunités et de toutes les actions possibles : grèves, manifestations le samedi, journées interprofessionnelles, actions dans l’éducation, journées locales…

Poursuivons la contre-attaque lancée au printemps 2018 et poursuivie cet hiver car lui ne s’arrêtera pas, c’est à nous de le faire redescendre sur terre !

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