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Continuité pédagogique ?

paru le samedi 4 avril 2020

Le ministère communique beaucoup actuellement sur la continuité pédagogique, mais la situation est souvent très éloigné de ce que décrit le ministère. Le travail des enseignants est important actuellement pour maintenir le contact de leurs élèves avec leur enseignement. Cela empiète sur leur vie privée. Ils sont aux prises avec des ENT souvent saturés et une communication institutionnelle ou pseudo-institutionnelle qui n’aide en rien : avalanche de proposition d’outils dont certains ne sont absolument pas compatible avec le RGPD, entrisme d’entreprises commerciales qui tentent de placer leur solution. La plupart des enseignants ont aussi à faire avec les débits internet et le niveau d’équipement des familles qui rendent parfois totalement impossible certains outils mis en avant par le ministère comme la classe virtuelle.
Certains élèves ont parfois eu l’impression d’être surchargés de travail alors que d’autres semblent être coupés de l’école. Le ministère parle de 5 à 8 % d’élèves dont on serait sans nouvelles, mais le nombre d’élèves qui ne répondent plus semble être nettement plus important. Suivant leur équipement et sa disponibilité dans leur foyer, il ne leur est pas toujours facile de s’investir, l’enseignement à distance est ainsi nettement marqué pas les inégalités sociales. La recherche avait déjà montrer que les formes de travail à distance creusaient les inégalités scolaires.

Le plus important n’est d’ailleurs pas la continuité pédagogique qui semble parfois une vue de l’esprit lorsqu’il s’agit d’enseignement pratique, mais le fait de garder un lien avec les élèves et leurs familles. Le ministre en a d’ailleurs convenu lors de sa conférence de presse du vendredi 3 avril : « L’enseignement à distance ne peut pas remplacer l’enseignement en présentiel. » Cette citation est précieuse à l’heure où certains libéraux voient peut-être dans les nouvelles technologies le moyen d’économiser toujours plus de postes d’enseignants. Avec cette « continuité pédagogique » à distance expérimentée sur plusieurs semaines, c’est le grand saut numérique que certains voudraient faire faire à l’Ecole de la République. Tous ces sites généreusement gratuits pendant le confinement tentent de capter des clients pour l’avenir, et aller vers la marchandisation de l’école. Pourtant ce sont les services publiques qui font tenir notre pays actuellement. Ne soyons pas dupes et continuons d’affirmer que c’est par une politique ambitieuse, privilégiant l’humain (et donc en cessant de supprimer des postes !) que l’Ecole de la République pourra espérer retrouver pleinement son rôle d’émancipation et de réduction des inégalités sociales.