Après la parution du classement des établissements scolaires par le ministère de l’Education nationale, Edouard Geffray a révélé son prochain projet : un Concours général pour les collèges, à l’image de celui existant depuis longtemps au lycée. Seuls quelques établissements soucieux de leur prestige préparent leurs (meilleurs) élèves à ce concours dont la crédibilité reste discutable puisque seule une part infime des lycéens y participe.
Ainsi donc, après les évaluations de 6e, de 4e ; après le nouveau mode de calcul des points du brevet dont le ministre a prévenu qu’il compterait moins de lauréats cette année ; après les groupes de niveaux combattus par le SNES-FSU dès la première heure ; après la création des évaluations d’établissement destinée à les hiérarchiser et à culpabiliser leurs enseignants ; après le plan 800 collèges stigmatisant pour leurs élèves et personnels ; après des années de Parcoursup, machine à trier les élèves, voilà la énième trouvaille d’un ministre qui veut, lui aussi, marquer son passage rue de Grenelle par une trieuse sociale si injuste au lycée qu’il veut l’importer au collège.
Evaluer, trier, classer, cela est devenu une obsession ministérielle depuis les années Blanquer. Sortir une élite au service de la start-up France, rêve macronien depuis une décennie, voilà le sens symbolique de ce nouveau projet totalement décalé par rapport à la réalité de notre pays qui attend des réponses adaptées aux vraies difficultés scolaires rencontrées par des millions d’élèves délaissé.e.s.
Cette nouvelle initiative est d’autant plus choquante qu’elle arrive à un moment où le gouvernement profite de la baisse démographique pour supprimer des postes au lieu de diminuer le nombre d’élèves par classe. Il va même jusqu’à envisager une nouvelle politique éducative territoriale avec des regroupements d’écoles en milieu rural, des classes de CM2 intégrées à des collèges, ce qui engendrera de longs déplacements en milieu rural isolé pour les élèves habitant des territoires souvent déjà fragiles.
En réalité, éliminer est le dernier verbe d’une tétralogie assumée mais consternante : Evaluer, trier, classer… éliminer. Eliminer les plus fragiles sans le dire expressément car quand on favorise à ce point, par une série de mesures édictées plus haut, l’émergence d’une élite tout en diminuant les moyens donnés au plus grand nombre, on n’aide pas ceux qui devraient bénéficier de dispositifs ciblés, de classes allégées, d’encadrements renforcés (vies scolaires, Psy-EN, infirmières…) à l’heure où nombre de rapports soulignent l’état préoccupant de la santé mentale de notre jeunesse.
Encadrer mieux, soutenir les plus fragiles sans délaisser les autres, promouvoir des cohortes entières ….valoriser plutôt qu’éliminer sera toujours la tétralogie verbale du SNES-FSU.
Le secrétariat académique du SNES-FSU



